Master Prompt associé : MP09. Construire la table des matières.

Résultat attendu

Après ce guide, vous savez transformer une promesse et un dossier documentaire en plan de chapitres dont l’ordre est justifié par des dépendances réelles. Chaque chapitre annonce ce que le lecteur saura faire ou aura produit en le terminant, et la manière de le vérifier.

Le résultat est un plan annoté, pas un sommaire décoratif.

Ce qu’il faut avoir sous la main

Le brief validé en G06, avec sa promesse, ses exclusions et ses prérequis. Le dossier documentaire de G10, avec ses affirmations, leurs statuts et leurs limites. Les questions restées ouvertes ne disparaissent pas : elles deviennent des chapitres à documenter ou des limites à annoncer.

Un sommaire n’est pas une progression

« Introduction, Les bases, Aller plus loin, Conclusion » décrit une forme. Cela ne dit pas ce que le lecteur sait faire à la fin de chaque partie, ni pourquoi il doit lire dans cet ordre.

Un sommaire énumère des sujets. Une progression organise des dépendances : elle place une notion avant la tâche qui l’exige, et une décision avant le travail qui en découle. Deux ouvrages peuvent traiter les mêmes sujets et n’avoir pas la même valeur pédagogique parce que leur ordre diffère.

Le test des deux chapitres

Prenez deux chapitres consécutifs et demandez : le second devient-il plus facile parce que le premier a été lu ? Si l’ordre peut être inversé sans rien changer, vous avez probablement une liste de sujets, pas une progression.

Partir du résultat final et remonter

Ne commencez pas par « quel est le premier chapitre ». Commencez par la production finale annoncée dans le brief, puis remontez.

Pour chaque livrable, posez quatre questions : que doit décider le lecteur, que doit-il comprendre, que doit-il réunir, que doit-il produire puis contrôler ? Les réponses forment des candidats de chapitres. Certaines réponses se regroupent, d’autres se divisent.

Cas A, entièrement fictif à des fins pédagogiques

Le livrable est un dossier de contenus à remettre au prestataire : textes de base, inventaire des visuels, classement et points ouverts. Aucun lecteur réel n’a été observé.

Livrable finalCe que le lecteur doit déciderCe qu’il doit comprendreCe qu’il doit réunirCe qu’il doit produire puis contrôler
Livrable finalPrésentation de l’activitéCe que le lecteur doit déciderÀ qui il s’adresse et ce qu’il proposeCe qu’il doit comprendreCe qu’une page de présentation doit permettre au visiteurCe qu’il doit réunirSes formulations existantesCe qu’il doit produire puis contrôlerUn texte compréhensible sans jargon interne
Livrable finalDescriptions de prestationsCe que le lecteur doit déciderQuelles prestations figurent sur le siteCe qu’il doit comprendreLe niveau de détail attendu par le prestataireCe qu’il doit réunirSes supports commerciaux actuelsCe qu’il doit produire puis contrôlerUne fiche par prestation, avec les manques signalés
Livrable finalInventaire des visuelsCe que le lecteur doit déciderQuels visuels sont utiles à chaque pageCe qu’il doit comprendreLa différence entre disposer d’un fichier et pouvoir l’utiliserCe qu’il doit réunirSes fichiers et leur origineCe qu’il doit produire puis contrôlerUne fiche visuelle par élément, statut des droits inclus
Livrable finalDossier organiséCe que le lecteur doit déciderComment il nomme et range les élémentsCe qu’il doit comprendreCe que « prêt à remettre » signifie iciCe qu’il doit réunirLes éléments précédentsCe qu’il doit produire puis contrôlerUn dossier retrouvable et une liste de points ouverts

Cette remontée ne produit pas encore le plan. Elle produit la matière du plan, et surtout elle empêche d’inventer des chapitres qui ne servent aucun livrable annoncé.

Le chapitre à résultat unique

Un chapitre utile a une entrée, un résultat et une preuve.

L’entrée est ce que le lecteur possède déjà en arrivant. Le résultat est ce qu’il sait faire ou a produit en sortant. La preuve est ce que l’on peut regarder pour juger que le résultat est atteint.

« Parler des images » n’est pas un résultat. « Remplir une fiche visuelle pour chaque image envisagée, en marquant les droits inconnus » en est un : on peut ouvrir les fiches et compter les statuts renseignés.

Si un chapitre produit deux résultats indépendants, il en cache probablement deux. Si trois chapitres consécutifs produisent le même résultat, ils n’en forment probablement qu’un. Le nombre de chapitres découle de cette découpe, pas d’un objectif de longueur.

Un chapitre peut légitimement n’apporter qu’une compréhension, sans production. Dites-le alors explicitement, et indiquez comment cette compréhension sera réutilisée plus loin. Une compréhension qui ne sert aucune tâche ultérieure est un candidat à la suppression.

Cartographier les prérequis avant de figer l’ordre

L’erreur la plus fréquente consiste à placer en premier une tâche qui suppose une notion enseignée plus tard. Elle passe inaperçue à la rédaction, parce que l’auteur, lui, connaît déjà tout le contenu.

La méthode tient en trois colonnes. Pour chaque chapitre, écrivez ce qu’il suppose déjà acquis, puis l’endroit où cela est réellement enseigné, puis le verdict.

Exemple fictif de cartographie, sur un ordre volontairement défectueux du cas A :

Chapitre envisagéSuppose déjàEnseigné enVerdict
Chapitre envisagé1. Choisir ses visuelsSuppose déjàSavoir quelles pages existent et ce qu’elles doivent direEnseigné enChapitre 3VerdictPrérequis inversé, à déplacer
Chapitre envisagé2. Rédiger la présentationSuppose déjàSavoir à qui l’on s’adresseEnseigné enBrief, acquis avant le livreVerdictOrdre acceptable
Chapitre envisagé3. Lister les pages à remplirSuppose déjàRien de postérieurEnseigné enAucunVerdictDevrait précéder le chapitre 1
Chapitre envisagé4. Remettre le dossierSuppose déjàDisposer des textes et des visuelsEnseigné enChapitres 1 à 3VerdictOrdre acceptable

Le verdict de la première ligne ne dit pas que le chapitre est mauvais. Il dit qu’il est mal placé. La correction consiste à déplacer, pas à réécrire.

Quand un prérequis vient de l’extérieur du livre, il rejoint la liste des prérequis annoncés dans le brief. Vous avez alors deux options honnêtes : l’enseigner brièvement, ou l’annoncer clairement comme condition d’entrée. La troisième option, le supposer sans le dire, produit un lecteur bloqué au chapitre 1.

Ce qui n’est pas un chapitre

Tout ce qui doit exister dans l’ouvrage n’a pas vocation à devenir un chapitre numéroté.

L’introduction situe le lecteur, la promesse, les prérequis et ce que le livre ne fera pas. Elle ne doit pas enseigner une notion dont un chapitre dépend, sinon cette notion mérite son chapitre.

Les transitions rappellent la dépendance au moment où elle sert. Une phrase suffit souvent : « vous disposez maintenant de vos fiches de prestations ; l’étape suivante utilise ces fiches pour choisir les visuels ». Un rappel complet du chapitre précédent est du remplissage.

Les annexes contiennent ce que l’on consulte sans le lire linéairement : gabarits vierges, checklists récapitulatives, glossaire. Elles ne remplacent pas l’explication, elles la rendent réutilisable.

Les ressources renvoient vers ce que vous n’enseignez pas. Ne renvoyez que vers ce que vous avez réellement consulté et qui traite bien la question, comme le contrôle de source appris en G09 l’exige.

Le plan annoté du cas A

Plan fictif, produit pour l’exercice

Il n’a pas été testé auprès de lecteurs réels et n’annonce aucun résultat commercial.

ChapitreEntrée du lecteurRésultat observablePreuve à regarderAppui du dossier P03
Chapitre1. Ce que votre prestataire attendEntrée du lecteurUne demande reçue, souvent une liste de rubriquesRésultat observableSait nommer les éléments à remettre et ceux à arbitrerPreuve à regarderLa liste des éléments est écrite, les inconnues sont marquéesAppui du dossier P03A-Q4, décision de projet
Chapitre2. Décrire votre activitéEntrée du lecteurUne activité qu’il sait présenter oralementRésultat observableUn texte de présentation compréhensible par un tiersPreuve à regarderUn tiers reformule l’activité sans poser de question sur le sensAppui du dossier P03Brief G06, critère de réussite
Chapitre3. Détailler vos prestationsEntrée du lecteurDes prestations déjà choisiesRésultat observableUne fiche par prestation, manques signalésPreuve à regarderChaque fiche distingue prestation, destinataire et information à préciserAppui du dossier P03Brief G06, prérequis sur l’offre
Chapitre4. Préparer vos visuelsEntrée du lecteurDes fichiers d’origines diversesRésultat observableUne fiche par visuel avec sujet, usage, emplacement et statut de droitsPreuve à regarderLes statuts inconnus sont visibles, aucun n’est supposé résoluAppui du dossier P03A-01, A-02, A-04
Chapitre5. Organiser et remettreEntrée du lecteurDes textes et des fiches éparsRésultat observableUn dossier retrouvable et une liste de points ouvertsPreuve à regarderUn élément demandé est retrouvé en moins d’une minuteAppui du dossier P03G10, méthode de reprise

La dernière colonne est le contrôle le plus utile. Un chapitre sans appui dans le dossier documentaire annonce soit une recherche encore à faire, soit une affirmation que vous vous apprêtez à écrire sans preuve.

Notez que le chapitre 4 mobilise A-04, dont le statut est « à exclure » faute de licence connue. Ce n’est pas un défaut du plan : c’est précisément ce que le chapitre doit apprendre au lecteur à repérer. Une inconnue documentée devient un contenu ; une inconnue oubliée devient une erreur.

Exercice : construire votre plan annoté

Données de départ. Votre brief de G06 et votre dossier documentaire de G10.

Consigne. Produisez deux tableaux. Le premier remonte de vos livrables finaux vers ce que le lecteur doit décider, comprendre, réunir, produire et contrôler. Le second liste vos chapitres avec, pour chacun : entrée du lecteur, résultat observable, preuve à regarder et appui documentaire. Ajoutez une ligne par chapitre dans une cartographie des prérequis, avec son verdict.

Indiquez enfin où vivent l’introduction, les transitions, les annexes et les ressources, sans les transformer en chapitres numérotés.

Production attendue. Un plan annoté, une cartographie des prérequis avec au moins un verdict argumenté, et la liste des chapitres qui n’ont encore aucun appui documentaire.

Critère de réussite

Chaque chapitre a un résultat observable et une preuve. Aucun chapitre ne suppose une notion enseignée plus tard sans que ce défaut soit repéré et corrigé. Chaque livrable promis dans le brief est couvert par au moins un chapitre. Aucun chapitre ne sort du périmètre annoncé.

Correction. Un plan différent du corrigé reste valable s’il satisfait ces quatre points. Un plan échoue si un chapitre porte un titre de sujet sans résultat, si l’ordre repose sur l’habitude plutôt que sur une dépendance, ou si un livrable promis n’apparaît nulle part.

Remédiation. Si vos chapitres ressemblent à des sujets, réécrivez chaque titre sous la forme « le lecteur sait faire… » avant de revenir aux titres définitifs. Si l’ordre reste incertain, construisez d’abord la cartographie des prérequis, puis laissez-la imposer l’ordre.

Corrigé commenté du cas A

Le premier réflexe attendu est de refuser le plan par thèmes : « les textes », « les images », « le dossier ». Il paraît propre, mais il ne dit pas ce que le lecteur sait faire, et il place les images avant de savoir quelles pages existent.

La correction consiste à faire remonter le chapitre 1 du plan défectueux à la position 4, après « Lister les pages à remplir ». Le contenu ne change pas ; sa dépendance est enfin respectée.

Le chapitre 2 pose une difficulté plus subtile. « Décrire votre activité » suppose que le lecteur sait à qui il s’adresse. Ce n’est pas enseigné dans le livre : c’est un prérequis du brief, hérité de la limite posée en G06. La bonne décision n’est donc pas d’ajouter un chapitre sur la définition de l’offre, qui sortirait du périmètre, mais de rappeler ce prérequis dans l’introduction et au début du chapitre.

Un plan qui ajouterait « Choisir vos prestations » serait recevable seulement si la promesse était modifiée en conséquence, avec les preuves et la charge de production correspondantes. Élargir le plan sans rouvrir le brief est la manière la plus courante de fabriquer un livre que l’on ne saura pas terminer.

Enfin, un chapitre « Optimiser votre référencement » échouerait sur deux critères à la fois : il sort du périmètre du brief, et aucun élément du dossier documentaire ne le soutient. Le repérer maintenant coûte une ligne ; le repérer après rédaction coûte un chapitre entier.

Employer MP09 sans lui déléguer l’ordre

MP09. Construire la table des matières prend votre brief, vos notes et vos compétences visées, puis propose un plan annoté avec ses dépendances. Il doit rendre visibles les chapitres sans appui documentaire et les prérequis non enseignés.

Contrôlez trois choses. Un chapitre proposé sort-il du périmètre du brief ? Un chapitre suppose-t-il une notion placée plus loin ? Un résultat annoncé est-il observable, ou seulement joliment formulé ? Une réponse qui produit vingt chapitres équilibrés sans signaler un seul manque est suspecte : elle a probablement comblé les trous à votre place.

La méthode reste applicable sans IA. Les deux tableaux et la cartographie des prérequis suffisent, et le raisonnement de dépendance ne dépend d’aucun outil.

Vérification des acquis

Un sommaire complet garantit-il une progression ? Non. Il peut couvrir tous les sujets et rester inutilisable si l’ordre ignore les dépendances.

Un chapitre peut-il n’apporter qu’une compréhension ? Oui, s’il est annoncé comme tel et que cette compréhension sert une tâche ultérieure identifiée.

Que faire d’un chapitre sans appui dans le dossier documentaire ? Le marquer. Il indique une recherche à mener ou une affirmation à ne pas écrire.

  • Chaque chapitre annonce un résultat observable et sa preuve.
  • Chaque livrable promis est couvert par au moins un chapitre.
  • Aucun chapitre ne suppose une notion enseignée plus tard.
  • Les prérequis externes sont annoncés, pas supposés.
  • Introduction, transitions, annexes et ressources ont une place définie.
  • Les chapitres sans appui documentaire sont signalés.

Votre plan existe. Le guide suivant va maintenant chercher ce qu’il contient encore de faux, de manquant ou de trop large.