Relire les épreuves et tester les fichiers finaux
Une épreuve, c’est le fichier réellement livré, pas le brouillon relu dans le traitement de texte.
Master Prompt associé : MP35, préparer et interpréter les tests des fichiers.
Résultat attendu
Après ce guide, vous savez relire l’ensemble de votre manuscrit fabriqué, pas seulement l’extrait déjà contrôlé en G28 et G29, distinguer une correction éditoriale d’un contrôle technique, étendre l’inspection à des points nouveaux (caractères, contraste, agrandissement, appareils), et approuver une version précisément identifiée à partir d’un journal d’anomalies.
Le résultat est un journal d’anomalies complet sur l’ensemble du manuscrit, et une version approuvée, nommée sans ambiguïté.
Ce qu’il faut avoir sous la main
Votre manuscrit complet fabriqué en PDF depuis G28 et en EPUB depuis G29, au-delà du seul extrait déjà contrôlé dans ces deux guides.
Une épreuve, c’est le fichier réellement livré, pas le brouillon
Une épreuve désigne la version d’un document prête à être vérifiée avant diffusion, dans sa forme finale, celle qu’un lecteur recevra réellement. Relire une épreuve ne consiste pas à relire à nouveau votre traitement de texte : cela consiste à ouvrir le PDF et l’EPUB exportés, exactement comme un lecteur le ferait, et à les examiner dans cette forme-là.
Un défaut invisible dans le traitement de texte peut apparaître seulement à l’export, et inversement, un défaut corrigé dans le fichier source doit être vérifié dans un nouvel export pour confirmer sa disparition, comme vous l’avez déjà pratiqué en G28.
Deux pistes de correction, pas une seule
La correction éditoriale touche au fond ou à la formulation : une phrase mal construite, une affirmation imprécise, une explication qui manque de clarté. Elle se traite dans le fichier source, avec les mêmes méthodes de relecture déjà pratiquées en P07.
Le contrôle technique touche au fichier lui-même : un lien cassé, une image manquante, un caractère mal encodé, un ordre de lecture incohérent. Il se traite aussi dans le fichier source, mais son diagnostic demande d’ouvrir l’export, pas seulement de relire le texte.
Confondre ces deux pistes conduit à chercher une explication éditoriale à un défaut purement technique, ou inversement à modifier un texte déjà correct pour tenter de corriger un problème de rendu qui vient d’ailleurs, par exemple d’un style mal appliqué.
Étendre les cinq points de G28 à l’ensemble du manuscrit
Les cinq points déjà pratiqués en G28 (marges, styles, sommaire, liens, ordre de lecture) s’appliquent maintenant à la totalité du manuscrit, pas au seul extrait. Un défaut absent de l’extrait testé peut très bien exister ailleurs : un renvoi vers le chapitre 2 depuis le chapitre 5, par exemple, n’a jamais été contrôlé tant que seul un extrait du chapitre 4 avait été inspecté.
Quatre points supplémentaires à cette étape
Les caractères. Les apostrophes typographiques, les accents et les guillemets français peuvent se corrompre à l’export selon l’outil utilisé, remplacés par des symboles incorrects. Une relecture rapide de plusieurs pages, en particulier celles contenant des citations ou des noms propres, révèle ce type de défaut.
Le contraste. Le texte doit rester lisible sur le fond choisi, y compris pour un lecteur avec une vision réduite. Un gris clair sur fond blanc, séduisant à l’œil d’un concepteur pressé, peut devenir difficile à lire pour un lecteur ordinaire.
L’agrandissement. Un lecteur peut zoomer son écran ou augmenter la taille de police dans son application de lecture. Le texte doit rester lisible sans chevauchement ni débordement hors de la page ou de l’écran à un agrandissement raisonnable.
Les appareils. Un fichier qui s’affiche correctement sur l’ordinateur qui l’a produit peut se comporter différemment sur une tablette, un smartphone, ou une liseuse pour l’EPUB. Testez sur au moins deux appareils de nature différente, en plus des deux applications de lecture déjà comparées en G29.
Le fichier complet du cas A, testé sur un ordinateur et un smartphone, révèle dans cet exemple simulé un renvoi du chapitre 5 vers le chapitre 2 qui pointe en réalité vers le chapitre 3, un défaut identique dans sa nature à celui déjà corrigé en G28 sur l’extrait, mais situé à un autre endroit du manuscrit.
Tenir un journal d’anomalies, pas une liste d’impressions
Une impression informelle, comme « ça a l’air bien », ne constitue pas un contrôle. Un journal d’anomalies structure l’inspection : chaque ligne porte le point contrôlé, l’anomalie observée le cas échéant, sa gravité, l’action de correction, et son statut après reprise.
La gravité reprend les trois catégories déjà utilisées dans le standard éditorial du projet : bloquant (empêche une lecture correcte ou un usage prévu), à corriger (dégrade l’expérience sans l’empêcher), à surveiller (défaut mineur ou dépendant d’un contexte particulier, à garder en mémoire sans action immédiate obligatoire).
Approuver une version précisément identifiée
Une fois le journal d’anomalies traité, la version corrigée doit recevoir un nom qui la distingue sans ambiguïté de toute version antérieure : un numéro de version et une date suffisent, par exemple « v1.0, 8 septembre 2026 ». Ce nom accompagne le fichier lui-même, pas seulement un document externe qui pourrait s’en détacher.
L’approbation elle-même est une décision explicite, prise par vous, sur la base du journal d’anomalies traité : elle ne se déduit pas silencieusement de l’absence de nouvelle anomalie trouvée. Cette identification précise servira de référence pour le dossier de publication de G31 et pour toute correction future documentée en G41.
Exercice : journal d’anomalies et version approuvée
Données de départ. Votre manuscrit complet, exporté en PDF et en EPUB.
Consigne. Inspectez l’ensemble du manuscrit selon les cinq points de G28 étendus à sa totalité, puis les quatre points supplémentaires de ce guide. Tenez un journal d’anomalies avec gravité, action et statut pour chaque ligne. Corrigez au moins une anomalie à la source et vérifiez sa disparition par un nouvel export. Nommez et approuvez explicitement la version corrigée.
Production attendue. Le journal d’anomalies complet, au moins une correction vérifiée par un nouvel export, et une version nommée avec sa date d’approbation.
Le journal couvre l’ensemble du manuscrit, pas seulement l’extrait déjà testé en G28 et G29. Chaque anomalie porte une gravité parmi les trois catégories du standard. La version approuvée porte un nom précis, distinct de toute version antérieure.
Correction. Un exercice échoue si le journal ne couvre que l’extrait déjà connu, ou si une version est présentée comme approuvée sans journal d’anomalies traité au préalable.
Remédiation. Si vous manquez d’appareils différents pour tester, empruntez-en un ou utilisez les outils d’émulation d’affichage disponibles dans certains navigateurs, en gardant à l’esprit qu’une émulation reste moins fiable qu’un test sur un appareil réel.
Journal d’anomalies, exemple fictif
Ce journal est fictif, construit pour illustrer le format attendu ; il ne rapporte aucun test réellement effectué par cette procédure documentaire.
| Point contrôlé | Anomalie observée | Gravité | Action | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Point contrôléLiens (ensemble du manuscrit) | Anomalie observéeRenvoi du chapitre 5 vers le chapitre 2, cible réelle le chapitre 3 | GravitéBloquant | ActionCorriger le renvoi dans le fichier source | StatutCorrigé, vérifié par réexport |
| Point contrôléCaractères | Anomalie observéeUne apostrophe droite au lieu d’une apostrophe typographique dans une citation du chapitre 3 | GravitéÀ corriger | ActionRemplacer par le caractère correct | StatutCorrigé |
| Point contrôléContraste | Anomalie observéeConforme sur l’ensemble testé | GravitéAucune | ActionAucune | StatutConforme |
| Point contrôléAgrandissement | Anomalie observéeUn intitulé de tableau déborde légèrement à un agrandissement important | GravitéÀ surveiller | ActionAucune action immédiate, à revoir si signalé par un lecteur | StatutConsigné |
| Point contrôléAppareils | Anomalie observéeRendu cohérent entre ordinateur et smartphone sur cet exemple | GravitéAucune | ActionAucune | StatutConforme |
Employer MP35 pour organiser l’inspection complète
MP35, préparer et interpréter les tests des fichiers, déjà présenté en G28 et G29 pour un extrait, s’applique ici à l’ensemble du manuscrit et à la préparation du journal d’anomalies. Fournissez-lui les résultats de votre propre inspection : il aide à structurer et interpréter, jamais à remplacer l’ouverture réelle du fichier.
Contrôlez que la procédure classe chaque anomalie selon les trois niveaux de gravité du standard, sans jamais transformer un défaut mineur en blocage ou inversement.
Vérification des acquis
Un extrait testé en G28 et G29 suffit-il à garantir l’ensemble du manuscrit ? Non. Un défaut peut exister ailleurs dans le document et rester invisible tant que seul l’extrait est inspecté.
Une correction éditoriale et un contrôle technique se traitent-ils de la même façon ? Les deux se corrigent dans le fichier source, mais leur diagnostic diffère : l’un se repère en relisant le texte, l’autre en ouvrant l’export réel.
Une version peut-elle être approuvée sans journal d’anomalies traité ? Non. L’approbation est une décision explicite, fondée sur le journal, pas une absence silencieuse de nouvelle anomalie.
- L’inspection couvre l’ensemble du manuscrit, pas seulement l’extrait déjà connu.
- Les quatre points supplémentaires (caractères, contraste, agrandissement, appareils) ont été contrôlés.
- Le journal d’anomalies porte une gravité parmi les trois catégories du standard pour chaque ligne.
- La version corrigée est nommée précisément et son approbation est explicite.
Votre manuscrit dispose maintenant d’une version approuvée et identifiée. G31. Préparer le dossier de publication va rassembler les informations nécessaires pour la faire exister publiquement.